Voir au-delà des Apparences | Développer sa Vision

Voir au-delà des Apparences | Développer sa Vision

Lorsque nous partons faire de la photo, nous essayons tous, à divers degré, de dénicher le sujet « idéal ». On ratisse le terrain, en quête de ce fameux sujet qui viendra illuminer notre capteur et notre regard. Et si on est le moindrement sensible, on cherche le sujet qui fera palpiter notre cœur. S’il ne se manifeste pas, on a l’impression qu’il n’y a rien à photographier. Nous tournons en rond, comme si nous avions des verres fumés bien opaques nous empêchant de voir.

Si vous avez déjà vécu cette expérience, vous savez combien cette situation est frustrante.

Pour développer sa vision et réussir à mieux voir, nous devons tout d’abord arrêter de chercher, garder l’esprit ouvert et témoigner de la curiosité.

Le fait de s’ouvrir et d’abandonner nos œillères (manque de vision) favorise la créativité. Cette action nous pousse à aller plus loin, à entrer dans le flow (l’énergie de la créativité) et à dépasser nos limites visuelles.

Toutefois, c’est un processus qui demande de lâcher prise, mais une fois enclenchée, vous entrez dans une zone d’exploration qui vous permet de voir au-delà des apparences.

Voici quelques pistes pour développer sa vision :

1-Lâcher prise !

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Tout d’abord, mettez de côté vos recherches sur le sujet « idéal », vous le ferez un autre jour. D’accord ?

Super !

2-Approchez-vous et faites le tour du sujet

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Maintenant, donnez-vous la peine d’approcher n’importe quel sujet. Plus il aura l’air rébarbatif, plus l’expérience sera intéressante.

Faites une photo comme vous le sentez, puis posez-vous la question suivante : comment puis-je mettre en valeur le sujet ? Entreprenez de faire le tour du sujet, laissez-vous aller, plonger dans le processus créatif. Observez les lignes, les formes, les textures, les ombres, etc.

3-Cadrez serré

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Éliminez les éléments superflus en vous rapprochant davantage (à l’instar de la photo proxy) afin de remplir le cadre. Il y a une infinie possibilité de compositions. N’oubliez pas de créer des images à l’horizontale et à la verticale.

4-Choisissez une grande ouverture

Soignez votre arrière-plan et favorisant une grande ouverture (f/petit chiffre). Le résultat procurera un fond diffus qui mettra en valeur le sujet. Si la lumière illumine le décor derrière le sujet, des rondelles de lumières viendront enjoliver votre image.

5-Optez pour une perspective renversante

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Déposez votre appareil au sol, pointez l’objectif vers le haut et prenez une vue dans cette direction. Plusieurs essais seront nécessaires, à moins que votre appareil soit doté d’un écran LCD amovible. Pour une profondeur de champ élargie, fermez l’ouverture à f/16-22.

6-Créez un triptyque – série de 3 images

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Plus facile de collecter des images sur place, en prévision de ce projet; que d’essayer de faire une sélection après, sans en avoir eu l’intention lors de la prise de vue.

Soyez attentif et attardez-vous davantage sur le sujet que vous êtes en train de photographier. Songez aux textures, aux contrastes, à changer les points de vue, à l’histoire que vous souhaitez raconter.

Autres astuces, prenez vos photos dans la même orientation pour créer vos triptyques, horizontale ou verticale.

7-Low-Key & High-Key

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Low key pour faible lumière (sombre) et high key pour haute lumière (lumineux).

Cette méthode demande d’exposer soit pour les hautes lumières, soit pour les ombres. Il faut être attentif pour bien identifier la lumière qui se prête à ce style. Car ce que vous distinguez avec force et détails à la fois à l’ombre et au soleil, l’appareil ne pourra pas le reproduire, le contraste étant trop élevé.

D’où l’avantage d’utiliser cette méthode, héhéhé !

En conclusion

Retenez que la première impression d’un lieu ou d’un sujet à photographier est souvent trompeuse. Accordez-vous du temps pour lâcher prise sur cette fausse perception et amusez-vous à voir et à capturer les détails au-delà des apparences.

Comment procédez-vous quand un sujet ne vous interpelle pas ? Partagez votre astuce dans les commentaires.

Comment photographier l’heure bleue ?

Comment photographier l’heure bleue ?

Qu’est-ce que l’heure bleue ?

L’heure bleue est la période où la lueur du ciel s’assombrit et devient d’un bleu profond. Presque électrique. Elle a lieu deux fois par jour, le matin, avant le lever du soleil et le soir, après le coucher. Sa durée varie entre 30 et 40 minutes selon votre emplacement dans le monde, les saisons et la météo.

Le matin, l’heure bleue précède l’aurore et le soir, elle suit le crépuscule caractérisé par leur teinte rosée. Pour les photographes, c’est un moment unique, le ciel se pare des dernières teintes du jour avant de revêtir celle de la nuit, ou du jour.

Photo Urbaine

heure bleue - En ville

La photographie urbaine privilégie l’heure bleue, car elle permet d’obtenir de beaux contrastes entre le ciel d’un bleu intense et les lumières artificielles émises par les édifices.

Pour vous inspirer : Daniel Cheong Photographer 500px

Photo de Nature

heure bleue - photo nature

Pour ma part, j’aime photographier durant l’heure bleue, une atmosphère particulière s’en dégage. Une teinte bleutée enveloppe le paysage insufflant une voile de mystère.

En macrophotographie, je vais prolonger le moment de la prise de vue pour obtenir, volontairement, cette teinte bleutée dans les images.

À quelle heure ?

heure bleue - à quelle heure ?

Son apparition variera selon l’heure du lever ou du coucher du soleil. Elle est de courte durée,  entre 30 à 40 minutes et se produit 15 minutes après les couleurs caractéristiques de l’aurore ou avant celles du crépuscule.

Le matin, vous devez arriver très tôt, pour capter cette lueur particulière. L’été, alors que l’aurore se pointe à des heures extrêmement matinales, il sera plus commode de réaliser les photos le soir. Le soir, il s’agit de s’attarder.

Faites une recherche pour connaitre l’heure exacte du lever ou du coucher.

Applications pour connaitre l’heure bleue

PhotoPills | Blue Hour App | BlauTime HeureBleue

Ou encore consulter ce site web

BlueHourSite

Observez le ciel

Jetez un œil sur la formation de nuages, sont-ils dispersés ou massifs ? Leur disposition aura une incidence sur la qualité de l’heure bleue.

Notez qu’un ciel couvert restera gris (snif, snif) et ne présentera pas les caractéristiques de l’heure magique. Il faudra revenir une autre fois. Oh well !

Quel matériel utiliser ?

Un appareil réflex, hybride, bridge ou compact expert (option photo nocturne). Étant donné la faible luminosité, le trépied est indispensable.

Une lampe de poche sera pratique pour visionner vos réglages lorsque l’obscurité arrive sans crier gare. 😉

heure bleue - matériel

Prise de vue pour l’heure bleue

Le contraste entre le ciel et le sol sera considérable. Songez à réaliser plusieurs expositions afin de capturer toutes les informations nécessaires, et de retour à la maison choisissez l’image qui vous convient.

L’utilisation d’un filtre neutre dégradé sera judicieuse afin d’équilibrer l’écart entre les hautes lumières et les ombres, au sol.

Vous pourriez également photographier plusieurs photos à diverses expositions dans le but de les fusionner et créer une photo HDR. Attention à bien collecter toutes les données.

Vous avez la fibre créative ?  Expérimentez une longue exposition et produisez des images surréelles. Et si la lune est dans le ciel, pourquoi pas l’inclure ?

Comment photographier l'heure bleue

RAW versus JPEG

Le RAW offre plus de latitude, le fichier est certes plus lourd, mais contient beaucoup plus d’informations. Il sera plus facile de récupérer une image sous-exposée et d’ajuster la balance des blancs avec un fichier RAW. Le fichier JPEG présente très peu de flexibilité…

Comment photographier l'heure bleue

Réglages

La balance des blancs : Si vous utilisez le format RAW, vous pouvez rester en mode automatique, lors du post traitement vous serez en mesure de faire les ajustements nécessaires. Si vous êtes en JPEG, c’est plus délicat, le mieux est de faire des tests et de sélectionner le meilleur réglage.

Notez que le mode Kelvin permet d’obtenir une température de couleur plus précise.

Note : pour ma part, lorsque je fais de la macrophotographie pendant l’heure bleue, je laisse ma balance des blancs à *lumière du jour*, une teinte bleutée est ainsi ajoutée aux images.

Ouverture : si vous réalisez de la photo urbaine, optez pour une petite ouverture (f/11-16), afin de transformer les lumières en effet étoilé. Évidemment, la vitesse obtenue sera lente, pensez à stabiliser votre appareil sur un trépied.

heure bleue - choisir la bonne ouverture

Pour la photo de fleurs, choisissez la plus grande ouverture de votre objectif. Vous obtiendrez de jolies bokeh et un arrière-plan flou qui mettra en valeur votre sujet principal.

heure bleue - photo macro

Pour la photo de paysages, une petite ouverture (f/grand chiffre) offrira une plus grande profondeur de champ. Mais la faible luminosité ralentira la vitesse, songez à apporter votre trépied.

heure bleue - photo paysage

ISO : Si vous utilisez un trépied, vous pouvez conserver les ISO au minimum (50-200). Si vous êtes à main levée, faites attention au flou de bougé. Je vous suggère de hausser les ISO afin d’obtenir une vitesse adéquate.

Voilà ! C’est une façon intéressante de prolonger ses sorties photos et saisir des images qui se démarquent. Avez-vous déjà expérimenté l’heure bleue ?

 

 

Coucher de soleil : pourquoi les attentes peuvent nuire à notre vision

Coucher de soleil : pourquoi les attentes peuvent nuire à notre vision

Quand j’ai commencé à m’intéresser sérieusement à la photographie de paysage, pour en vivre, je ne visais que sur les ciels époustouflants. Pour réussir un coucher de soleil, les standards de beauté recommandaient un ciel rempli de nuages, éclaboussés par les couleurs du couchant. De quoi vous en mettre plein les mirettes.

À l’époque, quand je partais faire de la photo, mes attentes étaient très élevées. Obnubilé par la photo « wow », mon esprit créatif était davantage orienté vers le résultat, et non le processus. Aveuglée par cette fixation, je ne voyais pas les autres possibilités qu’un paysage peut offrir.

Si un lever ou coucher de soleil ne s’avérait pas spectaculaire, j’étais déçue. Parfois, je quittais tout bonnement un lieu, me disant que les chances de faire de bonnes photos étaient plutôt nulles.

Mais au fil du temps, je me suis éloignée de ces standards rigides, et j’ai commencé à savourer l’instant présent, tel qu’il se présente à moi. Ma vision, du coup, s’est élargie. Oh, bien sûr, l’espoir de voir un ciel empourpré est toujours présent, mais je n’y attache plus autant d’importance.

« Vivre l’instant présent, c’est bien davantage qu’un principe soutenu par les esprits éclairés ; c’est une vertu du photographe. » David Duchemin

L’essentiel, pour moi, est de revenir d’une sortie photo avec un sentiment de bien-être. D’expérimenter un moment de plénitude. De ressentir l’harmonie qui nous habite quand les attentes nous ont abandonnées.

les attentes nuisent à notre vision

Bref, j’ai fait la paix avec mes attentes.

Et j’espère qu’il en est de même pour vous. C’est tellement moins frustrant. Disons-nous que si le résultat n’est pas comme nous l’avions imaginé, il y aura toujours une prochaine fois.

Et si un ciel ne présente aucun nuage, eh bien, qu’à cela ne tienne. En photographie, on apprend à s’adapter aux imprévus.

Aujourd’hui, je vise davantage sur le processus que sur le résultat.

Et vous, quelle importance accordez-vous au résultat ? Je suis curieuse de savoir…

Macro, Proxy, Plan rapproché : Quelle est la différence?

Macro, Proxy, Plan rapproché : Quelle est la différence?

La macrophotographie nous ouvre une multitude de possibilités, imperceptible à l’œil nu. Dit de cette façon, ça parait paradoxal. Nous ne sommes quand même pas aveugles à ce point. Évidemment, non. En fait, la macrophotographie c’est l’art de saisir l’infiniment petit qui échappe à notre vision normale.

Dans cette discipline photographique, on retrouve également la photo proxy, diminutif de photo à proximité (ou photo de près). On parlera alors de plan rapproché, ou de gros plan.

Comment se retrouver dans ce jargon technique? Quelle est la différence entre photo macro et photo proxy? C’est que nous allons voir.

Photo Macro et Proxy

Qu’est-ce que la photo macro (ou macrophotographie) ?

Grâce à un équipement spécialisé – objectif macro, bonnettes d’approche, soufflet ou ajout de tubes allonges – cette technique permet de photographier des sujets de petite taille avec un rapport de grandissement de 1:1 (taille réelle) jusqu’à 10:1 (dix fois plus gros que la taille réelle). Wow, ça c’est gros !

Ouf, je m’imagine mal en train de photographier une araignée d’aussi proche…

Avec cet équipement, vous seriez en mesure de photographier le cœur d’une fleur et capter la complexité de ses pistils. C’est moins stressant qu’une araignée… Par ailleurs, vous pourriez saisir une abeille en train de butiner et discerner le poil qui recouvre son thorax, ou encore, voir la texture étonnante des ailes d’un papillon. Honnn…

Macro, Proxy, Plan rapproché : Quelle est la différence?

Qu’est-ce que la photo proxy?

Similaire à la photo macro, la photo proxy (photo de près) constitue une technique qui permet de capter de petits détails, sans toutefois (faire de crise cardiaque parce que l’araignée de tout à l’heure est beaucoup plus loin). Bref, les plans obtenus ne sont pas aussi impresionnants qu’en macrophotographie.

Le facteur de grandissement sera davantage de l’ordre 2:1, voire 3:1.

L’ensemble de la composition comporterait un cadrage plus large qu’en macrophotographie. Le sujet présenté apparaitrait dans son environnement naturel. Le détail étonnant des ailes du papillon vous échapperait, mais vous seriez en mesure de nous montrer le spécimen perché sur la tige d’une fleur.

Duo Macro Proxy

Plein cadre (FF) versus capteur crop (APS-C)

L’avantage de faire de la photo macro avec un boitier crop (APS-C), c’est que la valeur de grandissement apparent sera plus grande que sur un boitier plein cadre (FF).

Le sujet paraitra plus gros parce que l’image enregistrée remplit davantage le capteur. Notez que le grossissement de l’objectif n’a pas changé, mais le grossissement semble être plus important en raison du crop factor.

Par conséquent, si vous désirez être très près d’un sujet, vous pouvez  utiliser judicieusement cet effet de grossissement avec un boitier crop, au lieu d’un boitier plein cadre.

Le matériel pour la photo macro

Pour ma part, je possède un objectif Nikkor 60 mm macro f/2.8 (pour mon boitier crop) et un Sigma 105 mm macro f/2.8 (pour le boitier FF). J’aime le piqué des deux, mais je préfère la légèreté du 60 mm. Par contre, la focale 105 mm me permet de flouter davantage l’arrière-plan, ce qui est fort avantageux pour mettre en valeur le sujet.

Si vous désirez en savoir plus sur le matériel :

⇒Voici un article intéressant chez Nikon Passion⇐

Macro, Proxy, Plan rapproché : Quelle est la différence?

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Le matériel pour la photo proxy

À vrai dire, vous pourriez utiliser n’importe quels objectifs, notamment un 50 mm f/1.8. Néanmoins, certains d’entre eux ont l’avantage de photographier beaucoup plus près que d’autres.

Notez que la gamme d’objectifs qualifiée de « micro » se prête à merveille à cette méthode. Son facteur de rapprochement est plus élevé qu’un objectif régulier.

Ex. : AF-S DX Micro-NIKKOR 40mm f/2.8G (pour capteur crop)

L’idée derrière la photo proxy est de faire de la photo le plus près possible de votre sujet.

C’est simple, approchez-vous autant que votre objectif vous le permet. Faites des essais et expérimentez. C’est une façon amusante de découvrir quelle est la distance minimale de vos objectifs. Couplez le tout avec une grande ouverture (f/petit chiffre) afin de flouté l’arrière-plan (joli bokeh) et mettre en valeur le sujet.

Photo proxy 50 mm

Quel sujet photographier pour la photo proxy?

En fait, tout s’y prête. La nature abonde de sujets; fleurs, feuilles, champignons, bestioles dans leur environnement. Portez une attention particulière aux textures et aux motifs s’y retrouvant; rochers, galets, sables, écorces d’arbres, etc.

Faites le tour du jardin ou du potager en quête d’éléments intéressants à photographier de près, comme les vases à fleurs, les légumes appétissants, ou encore les décorations qui enjolivent les terrains.

Osez sortir de votre environnement naturel et cherchez des sujets inusités.

Dans la maison, il y a plein d’articles à saisir sous un jour nouveau. Promenez-vous, l’œil rivé dans votre viseur (attention à ne pas rentrer dans le décor, hihi), et découvrez votre milieu sous un autre angle.

J’espère que cet article vous aidera à mieux comprendre les subtilités du monde de la macrophotographie.

❤ Anne

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